16/02/2008

2. Pourquoi faire Saint-Jacques de Compostelle ?


Des dizaines de milliers de pèlerins marchent désormais chaque année vers Compostelle.

Pour la plupart, la marche offre une occasion unique de rompre avec le quotidien. Mais aussi et de façon souvent humble et discrète, le pèlerin est un être en quête de spiritualité.

 

 

 

Sentes, sentiers, pistes, voies, routes, drailles, chemins  - constituant ensemble le fameux « camino » (mot espagnol signifiant « chemin » de Compostelle ! Combien d'heures, de semaines et de mois ai-je passés à les suivre ? Promenades, flâneries, randonnées, pèlerinages; pour peu qu'elle s'inscrivent dans la durée - ce qui est en général le cas pour les derniers.

 

La marche invite au retour de soi, par le biais de ce vieux compagnon connu de tous les solitaires.

Ce chemin sur lequel nous allons, n'est donc pas un chemin de randonnée ordinaire, ne serait-ce que par l'importance du patrimoine religieux qui s'y rencontre, et dans un certain sens le balise. L'homme a besoin de redécouvrir son rythme propre d'être humain, et seule la marche peut le réconcilier avec lui-même, en le sortant d'un tourbillon d'accélération qui l'étourdit.

Que serait un chemin que l'on voudrait parcourir d'une seule traite ? Il faut qu'à tel ou tel moment de l'aventure nous ayons éprouvé la nécessité impérieuse de nous arrêter; de nous immobiliser.

 

Le chemin nous rend humbles. Retraités en quête d'une rupture définitive avec le monde professionnel, étudiants, souvent catholiques, chômeurs ou autres se retrouvent sur les chemins de Compostelle.

Les touristes randonneurs sont également présents mais, le plus souvent, le temps d'un été, en se souciant peu de l'histoire de ces chemins où le sens de l'accueil et du bénévolat reste incompris. Ces adeptes du chronomètre et du balisage randonnent de la même façon sur les chemins menant à Saint-Jacques que sur les autres grands-routes,  jusqu'au jour où ils rencontrent quelqu'un hors du commun qui leur font comprendre le sens pour lequel il le fait.

 

Les pèlerins authentiques quand ils marchent, sont conscients qu'ils mettent leurs pas dans les pas de gens qui les ont précédés.

Cela semble banal, mais il n'empêche que cela suffit pour amorcer une vraie recherche spirituelle. Les reliques et la pénitence, c'est fini, terminé !

Heureusement, aujourd'hui, la démarche est plus spirituelle, plus intellectuelle.

Plus culturelle aussi.

Les chemins de vérité deviennent les chemins du sens, à charge pour chaque pèlerin d'y mettre un contenu personnel. La marche dénude, dépouille, elle invite à penser le monde dans le plein vent des choses et rappelle à l'homme l'humilité et la beauté de sa condition. Le marcheur est aujourd'hui le pèlerin d'une spiritualité personnelle, son cheminement procure le recueillement, l'humilité, la patience...

 

Suivre les chemins de Compostelle est rarement un souhait dicté par des considérations touristiques, culturelles ou sportives.

Une des dimensions essentielles, particulièrement respectable, tient dans cette faculté que nous avons tous de décider du parcours, du temps que nous puissions y consacrer. Il ne suffit sans doute pas d'aller à Compostelle pour en revenir pèlerin mais il est certain que chacun en tire un enseignement qu'il n'aura de cesse de vouloir poursuivre en passant sur d'autres chemins. L'essentiel ne tenant sans doute pas dans l'explication de la démarche pèlerine mais dans la poursuite de sa propre quête. Laissons les poussières et les vents des drailles nous guider vers cette ville, vers Saint-Jacques-de-Compostelle !

 

09:59 Écrit par Christine dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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